association loi 1901, fondée en 1982, reconnue d´intérêt général.accord de partenariat avec le HCR, membre du conseil européen pour les réfugiés et exilés.

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L'asile et les réfugiés dans le monde

Les réfugiés urbains

Le HCR souligne qu’il n’y a jamais eu autant de « réfugiés urbains » qu’aujourd’hui, avec entre 4 et 5 millions de réfugiés qui résident en zone urbaine .

De plus en plus de réfugiés vivent en milieu urbain, au sein même des grandes cités des pays où ils se trouvent.
La plus grande visibilité de ce phénomène s’explique en partie par les caractéristiques de l’exode irakien qui s’est principalement dirigé vers les grandes villes des pays voisins, comme Damas en Syrie, Amman en Jordanie ou Beyrouth au Liban. En effet, plus de 2 millions d’Irakiens se sont réfugiés dans les capitales du Proche et du Moyen-Orient. La particularité du mouvement migratoire des Irakiens réside dans le fait qu’il s’agit d’une population très éduquée, dont beaucoup de ses membres occupait un emploi qualifié en Irak. Ils se sont donc naturellement réfugiés dans des villes où l’accès à un emploi et à l’éducation pour leurs enfants leur semblait possible.


Plus généralement, l’exemple irakien illustre une tendance de fond à l’urbanisation des lieux d’installation des réfugiés. Cette urbanisation n’est pourtant pas sans poser question en termes de protection et d’assistance.
En effet, dans les camps de réfugiés, les personnes sont identifiées et comptabilisées. L’aide humanitaire y est organisée et rationnalisée et, surtout, la protection des personnes y est assurée par la présence du HCR. La forme même du camp comme habitat dévolu aux réfugiés n’est pourtant pas sans poser problème. D’une part, la surreprésentation des organisations internationales, qu’elles soient gouvernementales ou non, conduit à entretenir un système d’assistanat qui exclue les personnes de la recherche d’autonomie et d’intégration dans la vie locale du pays d’accueil. D’autre part, ces installations provisoires et précaires ont tendance à devenir pérennes et à se transformer en de véritables villes construites sans aucun projet urbain, sans s’intégrer au tissu local préexistant alors même qu’elles l’influencent de manière significative.


A l’inverse des camps, les personnes qui trouvent un refuge en ville doivent composer pour trouver un emploi, se loger, se nourrir, et faire les démarches auprès des autorités pour leur titre de séjour et leur protection, si le HCR n’est pas présent. S’ils acquièrent une plus grande autonomie et s’affranchissent plus facilement de l’assistanat des organisations gouvernementales et non gouvernementales, ils sont aussi plus exposés à l’insécurité, à la violence, aux trafics et à l’absence de protection de l’Etat qui les accueille. De même, on observe que beaucoup de réfugiés urbains qui rentrent dans leur pays d’origine échoue à se réinstaller lorsqu’ils habitent en zone rurale. Surtout, le HCR ou les ONG interviennent beaucoup plus difficilement auprès de ces populations, car elles sont moins visibles et identifiables.


De fait, le HCR doit impérativement revoir ses modes d’intervention afin de s’adapter à la mutation spatiale des mouvements de réfugiés. C’est un défi important qui consiste à réévaluer son rôle dans les zones urbaines pour définir des moyens efficaces de protection et d’assistance aux personnes. Mais l’intervention en zone urbaine doit aussi passer par le renforcement des capacités des acteurs nationaux et locaux.