En 2025, plus de la moitié des demandeurs d’asile protégés
Le nombre de personnes protégées par le système d’asile français a de nouveau atteint un niveau historique : 78 782 ont obtenu une décision positive, et le taux d’accord global atteint 50,3%. C’est ce que révèle notamment la publication sur les données provisoires de l’asile mise en ligne par le ministère de l’Intérieur fin janvier 2026.
Le ministère de l’Intérieur a publié le 27 janvier 2026 les premières données sur la mise en œuvre du droit d’asile en France au cours de l’année 2025. Ces statistiques détaillées permettent de connaître à la fois le niveau de la demande d’asile et le résultat de l’instruction des dossiers par les instances de l’asile.
Les préfectures ont enregistré au total 116 476 premières demandes d’asile en 2025 au sein des guichets uniques pour demandeurs d’asile (GUDA), soit 10,3% de moins que l’année précédente. En dehors des années 2020 et 2021, marquées par la crise sanitaire et le ralentissement des déplacements internationaux, c’est le niveau le plus bas constaté depuis que l’on dispose de données sur l’enregistrement des demandes en préfecture (2018). À ces premières demandes, s’ajoutent un nombre de réexamen qui atteint lui un niveau record (35 189, +27%). On comptabilise également 8 638 demandes d’asile formulées en dehors des GUDA (réinstallés, demandes en rétention, requalifications Dublin).
Les primo-demandeurs d’asile étaient principalement originaires de trois pays qui représentent 30% de l’ensemble des premières demandes et connaissent un niveau presque similaire : l’Ukraine (11 677 premières demandes), la République démocratique du Congo (11 553) et l’Afghanistan (11 394). Ce top 3 est identique à l’année précédente, mais la demande ukrainienne est en baisse (-12%) tandis que la RDC prend la place de l’Afghanistan en raison d’une hausse marquée (+24%). Parmi les 10 principaux pays d’origine, on note une forte baisse de la Guinée (-33%), du Bangladesh (-32%) et de la Côte d’Ivoire (-30%).
Sur l’ensemble de l’année 2025, les préfectures ont placés 24 174 primo-demandeurs sous procédure Dublin soit 21% des premières demandes.
L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), qui instruit les demandes relevant de la responsabilité de la France, a enregistré 145 211 demandes en 2025 soit 6% de moins que l’année précédente. L’OFPRA précise dans une publication dédiée que « les premières demandes ont diminué de 14,4 % par rapport à 2024, tandis que le nombre de réexamens a augmenté de 43 % ». Sur l’ensemble des demandes enregistrées à l’OFPRA (qui ne reçoit pas les demandes placées sous procédure Dublin cette année, mais enregistre celles placées les années précédentes puis requalifiées), les trois principaux pays d’origine sont l’Afghanistan (13 800), la RDC (13 240) et Haïti (12 600).
Le nombre de décision (156 590) comme le taux de protection (41,2%) atteignent des niveaux record à l’OFPRA. Si l’on ajoute les protections obtenues en appel devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), on atteint là aussi un niveau historique avec 78 782 personnes protégées (+12%). Le taux d’accord global, qui consiste à rapporter le nombre total de protection au nombre de décisions rendues par l’OFPRA sur une année, atteint 50,3%. Plus d’un demandeur d’asile sur deux est ainsi protégé au terme de sa procédure d’asile.
A l’OFPRA, le délai moyen d'instruction s’établissait à 163 jours (5,4 mois) en moyenne en 2025, contre 138 jours en 2024. En revanche, le délai moyen de fixation de l'état civil a baissé à 9,1 mois, s'établissant à 275 jours, contre 356 jours au début de l'année.
La France protège par ailleurs les réfugiés d’Ukraine au titre de la protection temporaire, qui permet d’obtenir un titre de séjour avec des droits complets sans passer par la procédure d’asile. D’après l’agence statistique de l’Union européenne, Eurostat, 9 640 nouveaux bénéficiaires adultes de la protection temporaire ont été recensés en 2025 (les données sur les mineurs ne sont pas publiées par la France, contrairement aux autres pays). En l’absence de perspective à moyen terme concernant ce dispositif spécial, qui prendra fin en mars 2027, de nombreux Ukrainiens ayant bénéficié de la protection temporaire les années précédentes se sont tournés vers la demande d’asile comme mentionné précédemment.
Enfin, le tableau statistique peut être complété par des données sur l’accueil des demandeurs d’asile en 2025, grâce aux données Eurostat et aux indicateurs mensuels publiés par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) sur les réseaux sociaux (voir ceux de décembre 2025). On apprend à travers ces statistiques que le dispositif d’accueil est loin de couvrir les besoins.
Fin 2025, la France recensait 153 090 demandeurs d’asile en cours de procédure (normale, accélérée ou Dublin) mais seuls 90 536 d’entre eux disposaient des conditions matérielles d’accueil (allocation pour demandeur d’asile et éventuellement hébergement dédié) attribuées par l’OFII. Ainsi, 41% des demandeurs ne disposaient à cette date d’aucune ressource.


